Méditation, 8 juin 2022

« Je bénis Dieu qui écoute la voix de ma prière. Dieu est ma force, en lui mon cœur se confie ».
Bienvenues à vous tous et toutes qui lisez cette méditation !
Pour nous présenter devant Dieu je vous propose de chanter au numéro 21/18 dans notre recueil « Alléluia » :

ALLELUIA 21/18 Nous venons dans ta maison

Il y a longtemps, le peuple d’Israël se rassemblait dans le Temple de Jérusalem et entrait dans l’espace sacrée, en chantant le psaume 100: acclamez Dieu, louez-le, remerciez-le.
L’entrée dans la cour intérieure n’est pas un simple passage, car, les hommes et les femmes quittent ainsi l’espace du quotidien et entrent dans l’espace de Dieu, dans son habitat.
Nous lisons:
« Gens du monde entier, faites une ovation au Seigneur.
Offrez-lui un culte joyeux,
présentez-vous à lui avec des cris de joie.
Sachez-le: c’est le Seigneur qui est Dieu,
c’est lui qui nous a fait, et nous sommes à lui.
Nous sommes son peuple, le troupeau dont il est le berger.
Dans la cour intérieure, exprimez vos louanges.
En entrant dans son temple, acclamez-le.

Louez le Seigneur, remerciez-le d’être votre Dieu.
Oui, le Seigneur est bon, et son amour n’a pas de fin;
de siècle en siècle il reste fidèle »    Psaume 100
Pour le peuple de l’époque, Dieu y était présent, là il le louait, le priait et se sentait proche de lui.
Dieu au milieu de son peuple; cela est la source de beaucoup de psaumes.
Mais si l’entrée vers l’espace de Dieu était obstruée ?
Les versets lus font partie d’une longue prière dans laquelle les paroissiens de Jérusalem expriment leur plainte et leur souffrance.
Et c’est tout à fait compréhensible: leur pays était envahi par Babylon, leur roi dépendant et leur temple détruit. Ce lieu où Dieu leur était proche disparu. Où donc trouver Dieu ? Cette grande question est posée plusieurs fois.
Si dans nos jours nous parlons du Ciel comme domicile de Dieu c’est à cette expérience que nous nous référons. L’espace dans le temple est perdu, le nouvel espace de Dieu est donc le ciel.

La prière du peuple de l’époque d’Esaïe est un cri de secours; que sont devenus ton amour, ta vaillance, tes sentiments de tendresse ?
La confiance en ce Dieu qui veille sur son peuple ébranle, il est dur de voir l’amour de Dieu derrière les évènements actuels.
C’est pour ça que le peuple fait appel à la promesse de libération de tout esclavage fait par Dieu aux ancêtres.
Dans un acte de désespoir le peuple continue et reproche à Dieu d’avoir durci leurs coeurs et de les faire rejeter son autorité.
Cela est étonnant dans nos oreilles. Dieu devrait être la source de durcissement et d’incroyance ? Mais nous entendons en même temps aussi le cri, la prière : Reviens !
Reviens, notre Dieu, sur lequel nous comptons, qui est la base de notre vie, reviens vers nous qui t’aimons et t’adorons.
Reviens, notre Dieu et nous allons rayonner comme le soleil en ce début d’été.

VIVALDI, L’ÉTÉ

J’avais posé la question au début : que faire si l’entrée vers l’espace de Dieu est obstruée. Que faire quand les ténèbres nous envahissent et notre foi en Dieu est posée sur la balance ?
J’ai récemment vu un film sur une femme qui est née sans les bras. Souvent, racontait-elle, on lui posait la question si elle ne se révoltait pas contre Dieu. Si, si répondait-elle, je connais la révolte contre Dieu mais je ne suis pas la seule. Elle faisait justement allusion aux Psaumes dont la révolte, le doute, le cri de secours sont souvent thématisés.
Donc tout cela fait partie de la foi : la lutte, l’espoir de convaincre Dieu, les questions à lui, la prière de revenir et l’attente d’une réaction. Cela veut dire : Dieu ne nous laisse pas indifférents. Cette expérience humaine est un fil rouge de l’histoire de la foi : La paix de Dieu n’est pas quelque chose que nous avons une fois pour toute dans nos mains comme un objet que nous possédons. La paix de Dieu nous motive à continuer le chemin de notre foi.
L’amour de Dieu envers nous ne nous épargne pas de moments difficiles dans notre vie. C’est pour cela que le mot quand-même fait partie de notre foi. Je souffre quelques fois, mais je te loue quand-même. Je suis dans les ténèbres quelque fois, mais je te prie quand-même. Je suis perdu, isolé, abandonné quelques fois, mais je t’aime quand-même.

Chantons ou écoutons ce beau cantique de Taizé :

TOI TU NOUS AIMES, SOURCE DE VIE

En anglais il existe deux mots pour ce que veut dire « le ciel ». On utilise le mot « sky » pour décrire l’univers avec les étoiles, le soleil, la lune. Et on utilise le mot « heaven » pour décrire une dimension sacrée. C’est dans ce ciel que Dieu habite et ce ciel n’est pas uniquement en-haut, il est plutôt autour de nous. Il est la base de tout être vivant, nous sommes en plein dedans. Pour rencontrer Dieu, nous n’avons donc pas besoin de lever les yeux. Tout au contraire dit notre texte biblique. Parfois nous devons apprendre à chercher Dieu dans les abîmes de notre existence.   Amen

Que Dieu nous bénisse !                      Elisabeth Müller Renner

Méditation 1er juin 2022.


Bonjour et bienvenue à vous toutes et tous, nous voici presque à la veille de Pentecôte. Presque 50 jours se sont écoulés depuis Pâques. Par les prières et la méditation d’aujourd’hui j’aimerai faire le lien entre les récits bibliques de la tour de Babel en Genèse 11 et celui du don de l’Esprit en Actes 2. Bonne lecture.

Prière.

Seigneur,
Tu n’es pas un Dieu mort,
Tu n’es pas un Dieu paralysé.
Tu es l’imprévisible,
Tu es le vivifiant.
Tu es l’Esprit qui souffle
Où l’on ne l’attend plus.
Tu es la flamme et le souffle
Qui jamais ne s’arrêtent,
Et c’est pourquoi brille toujours,
Au cœur de ma difficulté de vivre,
La petite lumière obstinée de l’espérance.

Gérard Riess

Musique: J.S. BACH.BWV 183 Sie werden euch in den Bann tun.

Méditation. De Babel à Pentecôte. Genèse 11.1 à 9 et Actes 2.1 à 21.

Le récit de la Tour de Babel en Genèse 11 parle d’un problème considérable : celui de la rupture de l’unité humaine. Pourquoi Dieu a-t-il ainsi dispersé les humains en peuples, en langues et cultures, opposés entre eux ?

Le narrateur relève cette unité déchirée et cherche à en donner une explication. Pour bien comprendre, il faut se rappeler que les cultes mésopotamiens plaçaient souvent les temples au sommet d’une tour appelée Ziggourat. Une telle tour avait été bâtie à Babylone (Babel). Elle était consacrée au Dieu Mardouk. Son nom en sumérien était « E-témen-an-ki », ce qui signifie « temple du fondement du ciel et de la terre ». Autrement dit, le centre du monde. De multiples données archéologiques montrent que cette tour était faite de briques crues et qu’à sa base elle faisait 91 mètres de côté. Constituée de sept étages de plus en plus petits, elle pouvait facilement atteindre les 90 mètres de haut. Très fragiles dans leur conception il n’était pas rare que ces tours s’effondrent.

Ce qui est en jeu pour le narrateur biblique c’est la prétention babylonienne par sa civilisation urbaine et sédentaire de s’imposer au peuple de Dieu nomade à ce moment-là et donc en mouvement. Le Dieu de la Bible étant d’abord un Dieu caché que nul ne peut voir. Un Dieu qui se révèle par sa voix, sa parole et qui ne saurait être enfermé dans un temple.

Par sa prétention de construire une tour qui atteint le ciel, la civilisation urbaine babylonienne est présentée comme un exemple sacrilège de la démesure humaine et de son idolâtrie.

La tour ne peut être le lieu du rassemblement des humains. Signe de leur arrogance envers le Dieu de la Bible, elle ne peut être que le lieu de leur dispersion après sa destruction. Par un jeu de mot le narrateur rapproche artificiellement le mot Babel de la racine « balal » qui signifie « mélanger, confondre ».

La réunion des peuples, des nations et des langues ne se sera possible désormais qu’autour du Dieu vivant. Jérusalem deviendra par opposition à Babylone le lieu de ce rassemblement. Ainsi en témoigne par exemple le prophète Esaïe (66 v 18) : « Moi, dit Dieu, je viens pour rassembler toutes les nations et les langues, elles viendront et verront ma gloire ».

Le don de l’Esprit-Saint se fait à Jérusalem lors de la fête juive de la Pentecôte.

Désormais Babel est oubliée. Toutes les nations, tous les peuples, tous les humains comprennent dans leur langue maternelle la bonne nouvelle du Christ ressuscité au matin de Pâques. L’Esprit-Saint qui est donné à plus de 3000 personnes ce jour-là veut les fortifier pour être des croyantes et des croyants debout et fermes dans la foi. L’Esprit-Saint de Dieu donne encore aujourd’hui les moyens pour vivre une foi adulte et consciente.

Prière.

Seigneur, tu es ma solidité et ma force.
Sur toi, je peux m’appuyer quand je suis faible
Ou que je ne vois pas clair.
Tu ne changes pas,
Même si, moi, je suis ballotée
Par les flux et reflux de la vie.
En toi, je demeure dans la confiance.
Je ne perds pas pied dans l’instant présent.
Je garde l’espérance dans l’avenir,
Dans l’inconnu et dans l’inattendu.
Je t’aime mon Dieu, mon roc, ma forteresse !

Alberte Delisle

 Bénédiction. Que votre foi, vos actes et vos paroles disent votre espérance et soient promesses du monde qui vient.

Dieu vous bénit et vous garde dans sa paix

Musique : J.S BACH Choral du Veilleur

Thierry Muhlbach Pasteur.

Méditation, 25 mai 2022

Bonjour et cordiale bienvenue à vous qui nous rejoignez pour ce temps de méditation.

Pour commencer…

Agnus Dei de Samuel Barber, interprété par le Choeur de la radio flamande (2015)

Seigneur,
tu m’offres cette nouvelle journée, pour que je la vive en toute conscience
et que je connaisse le mystère de la vie.
Apprends-moi à être vraiment présent.e à l’instant,
et que je sache apprécier le goût de la vie.
Tu es à tout moment près de moi.
Tu es là, en moi, dans toutes les rencontres que je fais.
Tu me parles à chaque occasion.
Offre-moi un coeur qui sache écouter, qui soit prêt à obéir à ton appel.
Anselm Grün

Evangile de Jean, chapitre 16
Je ne vous ai pas dit cela dès le commencement, parce que j’étais avec vous. Maintenant, je m’en vais auprès de celui qui m’a envoyé et aucun d’entre vous ne me demande : «Où vas-tu ?» Mais la tristesse a rempli votre coeur parce que je vous ai parlé ainsi. Cependant, je vous dis la vérité : il est préférable pour vous que je parte, car, si je ne pars pas, celui qui doit vous aider ne viendra pas à vous. Mais si je pars, je vous l’enverrai.

Demain l’Ascension…. où commence le ciel ?

Le temps du Carême, puis les fêtes pascales, Vendredi Saint, Pâques… et demain l’Ascension et bientôt Pentecôte me suggèrent cette histoire* de limite.
Limite entre le ciel et la terre, entre la vie et la mort, entre l’avenir et le présent.

Des enfants sont occupés à dessiner.
Et comme tous les enfants de leur âge, ils crayonnent une bande bleue au sommet de la feuille pour faire le ciel.
L’un d’eux a fait une bande plus large que celles des autres.
Le groupe se pose donc une grave question : «Où commence le ciel ?»
Après de longues discussions, Nicolas, le plus rêveur de tous, déclare avoir trouvé la réponse.
«Le ciel, dit-il, ça commence ici !»
Et de son index, il touche le sol.

* librement adapté d’une histoire recueillie par Marie-Françoise Salamin dans Quelques chemins de vie. Ed du Signe 1999.

Où commence le ciel ?
Arrête, où cours-tu donc ? Le ciel est en toi : et chercher Dieu ailleurs, c’est le manquer toujours. Le Royaume de Dieu est en nous. Je ne suis pas hors de Dieu, Dieu n’est pas hors de moi. (…) Agrandis ton coeur, Dieu y entrera : tu dois être son royaume, Il veut être ton roi.  Angelus Silesius

Persévérer
Persévérer à chercher davantage
la saveur que le savoir, le balbutiement
que la rhétorique satisfaite.
Persévérer en ces temps de fer
à faire crédit à ce qui est fragile,
à ce qui fait faillite.
Persévérer à avoir foi
en chaque homme,
à préférer être déçu dix fois
plutôt qu’hostile en une seule fois.

Persévérer à n’investir
que dans le sable
qui coule entre les doigts
et dans les espérances
non cotées en bourse.
Persévérer à croire
que l’instinct primordial
en chaque homme
est la vénération
et que c’est la répression
de ce désir qui rend haineux et fou.

Persévérer à voir Dieu partout.
Entre les lignes des slogans,
dans les caniveaux des villes
et sur les murs des banlieues,
à l’entendre dans le braillement
des haut-parleurs, et dans le frrrrrt…
d’un oiseau envolé.
Persévérer à préférer que la raison
me quitte plutôt que l’espoir.
Et l’espoir plutôt que l’amour.
Persévérer. Pour que la gangrène
de l’indifférence ne se propage pas.  Christiane Singer

Pour rester dans la méditation, porter notre monde dans la prière…
You raise me up  interprété par Martin Hurkens (le boulanger devenu chanteur lyrique !), in the city of Maastricht en 2010.

Bonne journée sur la terre comme au Ciel !

Francine Cuche Fuchs

Pour poursuivre, si ça vous dit… Extrait du livre de Christiane Singer : « Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? » Lu par Anne-Laure Cabos.