Méditation mercredi 22 juillet 2020

 Voici une petite histoire qui nous vient de la tradition juive et suivi d’une prière orthodoxe qui nous invite à nous émerveiller et à « regarder au-delà ». Bel été, à chacune et chacun, que le Seigneur renouvelle notre regard sur le monde, sur les autres et sur nous-mêmes !

Karin Phildius, pasteure.

Histoire talmudique

On raconte qu’au deuxième siècle de notre ère vivait en Galilée un homme nommé Rabbi Shimon Bar-Yoh’ai. Cet homme érudit vécut un jour une crise profonde, non pas sanitaire mais personnelle. Accusé par les autorités romaines d’être une menace pour l’empire, il fut condamné à mort et se réfugia dans une grotte de Galilée. Là, il vécut douze années entières, sans aucun contact avec le monde extérieur, confiné pour échapper à la mort et entièrement immergé dans l’étude de la Thora.

Douze ans plus tard, la voix d’un prophète lui annonça qu’il pouvait enfin sortir. L’homme se « déconfina », plein de sagesse et d’espoir. Mais en constatant qu’au dehors, le monde vaquait à ses occupations profanes et délaissait l’étude, il fut pris de colère. Selon la légende, partout où ses yeux se posaient, le monde prenait feu.

Une voix céleste lui hurla alors : « Si tu es sorti de ta grotte pour détruire mon univers, retournes-y immédiatement. » Ainsi, connut-il une seconde vague de confinement, avant d’être autorisé à revenir au monde. Un an plus tard, Rabbi Shimon apprit à poser sur le monde un regard apaisé, et selon la légende, à « soigner avec les yeux ».

L’émerveillement (auteur anonyme orthodoxe)

Et si l’émerveillement était prière ?
Un papillon dans le vent : merveille.
Un coucher de soleil sur les lointaines collines : merveille.
Une nuit étoilée : merveille.
La mer s’effondrant sur la plage : merveille.
Le sourire du nouveau-né : merveille.
Ta présence remplit toute la création
Si mes yeux peuvent voir.

Chaque moment m’interpelle : regarde au-delà.
Au-delà du visible, à l’invisible,
Des connaissances, à l’inconnu,
Des créatures, à l’Incréé,
Du temps qui passe, à l’Éternel,
Du fini, à l’Infini.

Là, dans le vide du dépouillement complet,
Nu je me présente devant toi,
Toi qui m’as façonné à ton image,
De ta bonté et ton amour.

Je n’ai rien, je ne suis rien,
Qui n’est pas de toi :
Alors que puis-je t’offrir,
Quelle offrande est digne de toi ?

Oserai-je t’offrir mon émerveillement :
Que tu es, que tu es ce que tu es,
Que tu me vois, que tu m’aimes,
Que tu m’appelles à toi.
Ceci est ma prière, ô mon Seigneur,
Mon Dieu, mon Créateur, mon Tout.

Toi qui tiras toutes choses du néant et par ton Verbe les créas,
par ton Esprit tu les mènes à leur perfection :
Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Mardi à Matines du 3e ton, Paraclitique ou Grand Octoèque,
Diaconie apostolique, 1995 (p. 225A)

Méditation mercredi 15 juillet 2020

Bonjour et bienvenue cordiale à vous qui nous rejoignez pour ce temps de méditation.

 Commençons par le chant et la louange :
« Sois loué, Dieu créateur ! (Laudato Si) » de Patrick Richard

 Prière
Se placer simplement devant Toi, Seigneur.
Déposer le coeur à découvert,
l’émotion, les questions, la colère ?
Se laisser juste regarder,
embrassé-e par ton regard de tendresse.
Se placer et accueillir la grâce de cette journée qui commence.
Se placer dans ton amour et ton pardon.
Se placer en confiance devant Toi,
c’est notre recours devant la peur ou les questions.
Se placer dans la vie que tu offres humblement,
c’est le crayon de notre liberté.
Se placer dans ta présence,
pour que ton amour transfigure nos traits,
les dessine à ta ressemblance.
Cela seul suffit.
Cela seul suffira pour vivre aujourd’hui
et envisager demain.
Amen

Evangile de Matthieu au chapitre 5
A la vue des foules, Jésus monta dans la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Et, prenant la parole, il les enseignait :
Heureux les pauvres de coeur : le Royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux : ils auront la terre en partage.
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.

Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu.
Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le royaume des cieux est à eux.

Le mille-feuille aux baies de bois
Samedi 4 juillet, 14h15 dans un restaurant de campagne, situé près du Mont-Soleil.
C’est l’heure du dessert et des cafés.

Tout-à-coup, mon attention est attirée par deux petits garçons tout blonds (5, 6 ou 7 ans ?). Ils arrivent depuis la terrasse du restaurant et s’adressent à la serveuse souriante. Je ne distingue pas les paroles des enfants, par contre j’entends cette femme leur répondre avec bienveillance : « Venez…. Venez… Mais oui, venez avec moi…. »
La serveuse souriante et les deux petits blondinets s’approchent alors en cortège de la porte du « Saint des Saints » : la cuisine du restaurant !!
Ils se glissent dans la cuisine et tout-de-suite après, je perçois de petits applaudissements. Sans plus attendre, les enfants ressortent et retournent sur la terrasse près de leurs parents.

Intriguée par cette scène, je me permets d’interroger la serveuse souriante, lorsqu’elle s’approche de notre table au moment de l’addition.
Elle nous raconte, dans un sourire encore plus vaste dessiné sur son visage : « Les petits garçons ont demandé s’ils pouvaient dire merci au cuisinier, parce que le mille-feuille aux baies des bois qu’ils venaient de déguster était vraiment très très bon ! »

Hé bien moi, je dis merci à ces petits garçons pour la joie qu’ils m’ont donnée à découvrir leur démarche et à vous en parler aujourd’hui.

Et je dis aussi merci à cette femme bienveillante, qui a su accueillir la demande de ces enfants et frayer un chemin à leur élan.

Prière
Comment choisir
ce qui fait mûrir
au lieu d’amoindrir ?

Comment trouver
en toutes choses
la sagesse du regard ?

Vivre est incertain,
comme une buée,

une brume du matin.

C’est pourtant
dans cette évanescence
que nous avons racine,

conviés à vivre
l’ordinaire
en pélerins de lumière.

Chaque matin porte
l’appel d’exister au plus près
de notre humanité,

en risquant des gestes
qui ne se préoccupent
pas de leur réputation.

Et la vie redonne
au centuple
ce qu’on lui abandonne.

Serait-ce cela
qu’on appelle
la grâce ?
Amen

Que Dieu vous bénisse et vous garde.
Qu’Il renouvelle vos élans.
Qu’Il vous fasse sortir dans la joie.
Qu’Il vous mène plus loin dans la paix.

Bonne journée d’été à chacun-e !

Pour poursuivre en cuisine :
Les bonnes recettes des femmes paysannes neuchâteloises (pas de mille-feuille, mais de nombreuses autres suggestions….)

http://paysannes-neuchateloises.ch/recettes

Pour poursuivre en chanson :
« La recette du bonheur »  Les Enfantastiques

Sources : prières d’Anne Heimerdinger et Francine Carrillo.

Francine Cuche Fuchs, pasteure

Méditation mercredi 8 juillet 2020

Bonjour fidèles lecteurs et auditeurs de nos méditations. Aujourd’hui et le 29 juillet je vous propose de cheminer avec les thématiques de la colère et de la réconciliation. A partir d’un conte et de l’Evangile j’aimerai aborder certains aspects de ces vastes questions. Bonne lecture et belle journée à vous.

Ecoutons d’abord une sérénade de F.Schubert :

Prions :

Me voici Seigneur,
Je cherche ton regard,
Je tends la main.

Ta Parole tombe en moi
Comme une pluie fine de printemps,
Nourrissant la terre.

Ta Parole me fait revivre,
Elle élargit mon cœur,
Elle déploie mes poumons,
Elle ravive mon corps.

Elle me rassure,
Elle desserre mon angoisse.
Devant toi je me relève,
Tenant ta main,
Je fais le premier pas.

Sœur Danielle communauté du Hohrodberg.

Méditation : Colossiens 3 .8 à 11.

Un saint homme demande un jour à ses disciples : « Pourquoi les gens crient-ils les uns avec les autres lorsqu’ils sont en colère, lorsqu’ils se fâchent les uns avec les autres » ?

L’un des disciples après avoir réfléchit un long moment dit : « Je pense que lorsqu’ils sont en colère les gens perdent leur calme, le contrôle d’eux-mêmes. Voilà pourquoi ils crient. Ils perdent leurs nerfs ».

Le saint homme répondit alors : « Perdre son calme n’est pas une raison pour crier, car l’autre personne celle sur laquelle on crie est juste à côté ».

D’autres disciples essayèrent de donner d’autres explications, mais le saint homme n’était pas satisfait.

Alors au bout d’un moment, il leur dit : « Je vais vous dire pourquoi les gens crient quand-ils se fâchent. Quand ils se mettent en colère, leurs cœurs s’éloignent les uns des autres, ils doivent crier pour couvrir la distance qui sépare leurs cœurs ! Plus ils sont en colère plus leurs cœurs sont éloignés et plus ils doivent crier pour se faire entendre.

Et pourquoi deux personnes qui s’aiment parlent-elles doucement l’une avec l’autre ? Pas seulement parce qu’elles sont amoureuses mais parce que leurs cœurs sont proches l’un de l’autre et qu’il n’est pas nécessaire de parler fort pour se faire entendre. Il n’est pas nécessaire de crier.

C’est pourquoi lorsque deux personnes s’aiment fort elles n’ont parfois même pas besoin de se parler. Elles ne font que murmurer et elles se comprennent. Elles s’entendent. Leurs cœurs sont tellement proches. Et si leur amour est encore un peu plus fort elles n’ont même plus besoin de murmurer elles se regardent dans les yeux et elles se comprennent. Leurs cœurs sont tellement proches qu’ils ne forment plus qu’un ».

Aujourd’hui beaucoup de problèmes se posent à nos sociétés, à nos communautés chrétiennes comme à chacune et chacun d’entre nous. Bien souvent nous nous divisons, nous ne nous parlons plus et en tous les cas bien souvent nos cœurs sont éloignés les uns des autres. Souvent de vieux conflits essayent de se forcer un passage vers aujourd’hui, souvent nos paroles ne passent pas par notre cœur.

Dans la vie de tous les jours il y a toujours des personnes qui parlent de « races supérieures » et qui répandent des préjugés du type : « ceux-là n’arriveront jamais à rien, ce sont des bons à rien et des fainéants ». J’en passe et des pires.

Notre rôle de témoins de l’Evangile consiste à mon avis avant tout à vivre cet amour qui rapproche les cœurs et qui nous permet au-delà des jugements de cheminer ensemble au nom du Christ partout et en tout temps.

Suite au prochain numéro le 29 juillet.

Prions :

Seigneur, dépose en moi chaque jour
La graine de l’espérance
Qui me fait discerner dans les événements
Les signes du monde à venir.

Dépose en moi chaque jour
La graine de l’amour
Qui me fait travailler avec persévérance
Pour que ta joie soit distribuée sans compter.

Dépose en moi chaque jour
La graine de la foi
Qui fait reculer les peurs et les ténèbres,
Qui illumine et éclaire ma vie.

Merci pour ces graines, petites et fragiles
Et quand survient la tempête,
Donne-moi de les protéger et de résister
Pour qu’un jour elles portent des fruits.

Communauté de Caulmont

Musique.  P. Tchaikovsky – Pas de Deux (‘The Nutcracker’)

Bénédiction.

Le Dieu de la vie vous bénit et vous garde dans sa paix dans sa joie et dans son amour. Aujourd’hui et chaque jour qui vient. Amen.

Pasteur Thierry. Muhlbach.