Méditation du mercredi 22 avril

   Photo Paolo Vercesi

Pour commencer :
Bonjour à vous qui nous rejoignez pour un moment de méditation.
Je vous propose pour commencer un chant : « Quand j’ai vu tes mains » Texte de Philippe Chanson.
Je ne sais pas à qui appartient cette voix chaleureuse qui nous accompagne ce matin, mais je le remercie infiniment de nous rappeler par ce chant qu’hier encore Jésus est mort pour nous et qu’aujourd’hui, nous avons part à l’espérance de la résurrection. C’est avec gratitude que nous pouvons associer nos voix à celle que nous écoutons maintenant, pour louer notre Seigneur.

Lecture biblique :
Je vous propose aujourd’hui d’ouvrir votre Bible dans l’Évangile de Luc au chapitre 24, versets 13à 35.

Méditation :
Deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs. Alors qu’ils discutaient de ce tout ce qui s’était passé, la nouvelle du tombeau vide leur est déjà parvenue. Ils étaient encore tout à leur chagrin, abattus d’avoir perdu Jésus, abattus par un avenir désormais bousculé, vidé de leur espérance d’un Sauveur. Peut-être cherchaient-ils à digérer ses derniers événements en parlant de tout cela, un peu comme nous lorsque nous ressassons sans cesse le cours de certains événements de nos vies, pour ne rien manquer, pour ruminer à la manière des rabbins, et peut-être inconsciemment espérer trouver une issue.

Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux, mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. (Luc 24:15)

Pendant que les disciples discutaient, Jésus s’approcha d’eux sans bruit et sans fracas comme un marcheur qui passait par là au hasard de son voyage. « Es-tu le seul en séjour à Jérusalem qui ne sache pas ce qui est arrivé ces jours-ci ? » s’exclama un des deux disciples, à ce nouveau compagnon de route. Jésus a le chic de nous rejoindre dans notre quotidien, incognito ! Cela m’interroge sur l’image et l’idée que je me fais de Jésus : pas sûre que je le reconnaisse à tous les coups, par contre je crois qu’il est celui qui me rejoint sur ma route.

Comment se peut-il que ces deux disciples, qui ont pourtant côtoyé Jésus, ne le reconnaissent pas ?  Peut-être étaient-ils encore sous le coup de tout ce qui venait de leur arriver ? Il leur fallait encore du temps avant de passer à une autre étape. Pour l’heure, c’est le deuil qui prime. Nous ne savons pas s’ils étaient en colère, s’ils ont cherché des responsables à leur tragédie alors ils se rappellent encore et encore l’espérance perdue : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël. »

Nous sommes un peu comme ces disciples, nous aimerions un sauveur dans notre situation; les disciples attendaient un sauveur politique, alors que Jésus est venu pour sauver tous les hommes, de tous les temps, sauvé l’humanité coupé de Dieu. Comme nos deux disciples, nous sommes bien souvent empêchés de reconnaître Jésus et son dessein. La bonne nouvelle, c’est qu’Il n’ a pas laisser ses disciples livrés à eux-mêmes : « Alors il leur ouvrit l’intelligence afin qu’ils comprennent les Écritures et Il leur dit : « ainsi il était écrit que le Messie souffrirait et qu’Il ressusciterait le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem… » « Et pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. »

Comme pour les premiers disciples, le Ressuscité ne se limitera pas au tombeau vide, mais Il se montrera par toutes sortes de signes, donnera l’accès à la compréhension des Écritures, de sorte que chacun de ses disciples pourra se remettre en route. Il l’a fait pour les femmes qui sont allées pour embaumer son corps, pour les disciples d’Emmaüs, pour les onze, et bien d’autres…et pourquoi pas nous ? Encore plus aujourd’hui, à l’heure de cette crise sanitaire, où nous soupirons après un avenir sans pandémie, pourquoi ne soupirions-nous pas à un avenir radieux pour tous les hommes ? Cet avenir radieux pour tous ne commencerait-il pas à ma porte ? par une conversion intérieure, vers une redécouverte de notre humanité commune, égale en dignité et en valeur, au bénéfice d’une même grâce divine ? Vers une (re)découverte  de la part transcendante en nous qui aspire au retour à la maison du Père et à la communion avec son Créateur ?  J’aimerai faire écho de ces paroles de Don Camillo, prêtre fictif interprété par Fernandel, alors que des inondations se sont abattues sur la petite localité dont il était le berger : « Alors nous nous souviendrons que la fraternité nous a réuni dans ces heures terribles ; avec le caractère que Dieu nous a donné, nous recommencerons à lutter, pour que le soleil soit plus clair, pour que les fleurs soient plus belles et pour que la misère disparaisse un jour de nos villes et de nos villages. Nous oublierons nos discordes, et quand nous aurons envie de mordre, nous tâcherons de sourire (de bénir !). Alors tout sera facile, et notre village (notre terre) deviendra une petite image du paradis… »

Je vous laisse avec ces quelques paroles de C. Akli, en guise de prière comme un bouquet de bleuets et de mimosas offerts. Et cette magnifique interprétation de Louis Armstrong, « What a wonderfull world ».

Vy Tirman

Prière :

Aujourd’hui, je voudrai

que toutes les musiques

s’élèvent en une brassée de bleuets

et de mimosas.

 

Aujourd’hui, je voudrai

que toutes les étoiles

se drapent d’un châle de soie flamboyante

et tournent sur les tréteaux du monde.

 

Aujourd’hui, je voudrai

que tous les cailloux du torrent

brillent et bruissent

et vrillent et glissent

en confetti de sarabande

comme un bâton de pluie multicolore

comme un soleil levant.

 

Aujourd’hui,  je voudrai que toutes les partitions

tous les rythmes et toutes les sonorités

s’unissent en une mélodie

d’amour et de chaude présence.

 

Aujourd’hui, je voudrai t’offrir

toutes les musiques et les sonorités

tous les bleuets, tous les mimosas

toutes les danses et les sarabandes

toutes les étoiles et les cailloux du torrent

toutes les pluies et les soleils levants

pour que tu saches de quel amour

Dieu a tellement aimé le monde.

 

Pour se quitter : Louis Armstrong – What a wonderful world ( 1967 )

https://www.youtube.com/watch?v=CWzrABouyeE