Paroisses en transition écologique

Le temps est venu de repenser le monde, la ville, la paroisse ; ce qui nécessite une grande bienveillance, une prise de conscience et le respect de la vie.

Aujourd’hui, on parle d’écospiritualité, de conversion écologique, de transition, de sobriété heureuse, de modération ou encore de décroissance…

Comment ces mots résonnent-ils en nous ? Comment les comprenons-nous ?

Bien que ces idées se développent depuis peu dans les milieux chrétiens, religieux mais aussi en psychologie, dans l’éducation, en politique, ces concepts ne sont pas nouveaux… Tous disent la même chose : il est urgent de nous replonger dans nos racines (l’arbre), de nous reconnecter à la terre pour retrouver la part d’humanité qui est en nous car nous avons été créés à partir de la terre mais l’homme l’a oublié au détriment de la nature et des peuples qui y vivent.

Il y a quelques décennies, des Eglises sœurs se sont penchées sur le drame écologique que subit la planète et ont essayé d’apporter des réponses spirituelles. Le patriarche Bartholomée de Constantinople écrivait ceci en 2002 : « La question de l’environnement ne relève pas de la morale ou de l’éthique. Elle touche au plus profond de notre être, ce qui requiert une nouvelle manière d’exister, un changement radical d’attitude, qui implique une transformation intérieure de notre conception de la nature et notre rapport à celle-ci ». Certes, l’homme est appelé à gérer la création mais en aucun cas, il n’a de supériorité sur celle-ci. En Genèse 1, Dieu confie à Adam les clés du domaine, non pas pour le saccager mais pour en prendre soin.

Dieu, par amour, a mis de l’ordre dans le chaos, Il organise le temps et l’espace, ce qui permet à la création de s’épanouir. Adam a donc le devoir de la sauvegarder, de la cultiver et de la protéger, tout comme Dieu le fait.

Or, pas besoin de vous faire un dessin de ce qui est entrain de se jouer au niveau mondial.

Nous sommes chrétiens, nous prions le Dieu créateur de l’univers. Nous chantons que l’univers est l’oeuvre de Dieu. Nous ne pouvons donc pas approuver la maltraitance dont la nature est victime.

Le pape François, avec Laudato Si, invite les fidèles à s’engager dans une révolution spirituelle, une démarche de conversion écologique : « considérons la nature non plus comme un système à dépouiller mais comme un DON ».

La vie sur terre est une bénédiction, c’est un geste d’amour. Quand nous préservons la vie, nous aimons notre prochain et nous agissons pour la justice. Le pape appelle les églises à s’engager dans cette démarche de changement radical de nos habitudes. L’enjeu n’est pas seulement économique mais il s’agit vraiment d’un enjeu spirituel.

« Je suis un homme qui fait ce qu’il peut là où il est ».
Pierre Rabhi, romancier et agro écologiste, nous exhorte à agir là où nous nous trouvons et c’est ce que les groupes Terre nouvelle et Carême aimeraient proposer pour les paroisses de la ville avec la collaboration des Conseils paroissiaux. Il faut repenser notre manière de gérer nos locaux, nos activités pour les rendre éco-compatibles voire théo-compatibles.

Que pouvons-nous faire ici dans la communauté réformée de la Chaux-de-Fond ?
Ce que le groupe Terre nouvelle nous propose est une démarche spirituelle, pédagogique, joyeuse et enthousiasmante. Une véritable prise de conscience qui nous invite à manifester notre attachement à l’œuvre de Dieu. Et ça, c’est une bonne nouvelle.

Le Conseil chrétien de la Chaux-de-Fonds est entré en matière pour démarrer un processus oecuménique « Paroisse verte » et notre paroisse a mandaté un groupe pour coordonner ce projet.

Il s’agit de réfléchir sur nos comportements actuels en paroisse, de faire un état des lieux, de lister les domaines dans lesquels nous devons apporter des améliorations (nos cultes, les bâtiments, chauffage, électricité, nos achats pour le café, notre consommation d’eau, possibilité de faire un compost, de jardiner autour des temples, de faire de la permaculture, d’organiser le tri des déchets, des ventes de seconde main ou encore un café répar..). Peu importe qu’on obtienne le label ou non, l’important, c’est de s’engager. Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter le site de l’Eglise catholique de France : egliseverte.org. ou Coq vert sur oeku.ch., paroisse verte…

Christine Phébade Yana Bekima, groupe de coordination Paroisse verte

Quelques lectures à trouver au COD (centre oecuménique de documentation) Numa-Droz 75 au sous-sol :
Faire la paix avec la terre, collectif, éd. Jouvence
Soigner l’esprit, guérir la terre de Michel-M Egger
Ecopsychologie de Michel-M Egger
Les semences, un patrimoine vital en voie de disparition de Pierre Rabhi
 La sobriété heureuse de Pierre Rabhi
Comment sauver la planète à domicile d’Adeline et Alexis Voisard
Paroisses vertes d’un collectif de Oeku
La convergeance des consciences de Pierre Rabhi
Laudato Si (Loué sois-Tu) du Pape François
Génération Laudato Si, hors-série Le Pèlerin
Demain de Cyril Dion, film et livre
Petit manuel de résistance contemporaine de Cyril Dion
L’intelligence des arbres, film
En quête de sens, film
Sylvothérapie de Jean-Marie Defossez
Pensert comme un arbre de Jacques Tassin

Souvenir de la cure du Grand-Temple

La cure du Grand-Temple : un vrai lieu de vie.

Construite en 1832 (1) pour y loger les pasteurs au premier étage et accueillir les activités paroissiales, la cure, sise au n° 9 de la rue de la Cure, a connu une histoire riche, intimement liée à la vie de la paroisse du Grand-temple et des habitants du quartier.                                                                                                                                                                     Aujourd’hui, si vous vous rendez sur place, vous y apprendrez que celle-ci a fermé sa porte. La paroisse réformée La Chaux-de-fonds a remis les locaux à l’EREN, propriétaire du bâtiment.

Par le biais du Porte-Parole, le Conseil paroissial veut rendre hommage aux nombreux paroissiens qui, durant 184 années, ont fait de ce lieu un endroit chaleureux et vivant. Certains d’entre eux ont accepté de partager leurs souvenirs, pour dire merci et aurevoir à un lieu qui était un peu leur deuxième maison.

Monique Linder : « J’ai grandi dans le quartier, j’y ai tellement de souvenirs : par exemple, le catéchisme avec le pasteur Ariel Cochand, nous étions 90 gamins…Aussi, j’ai été incapable d’aller aider au déménagement, je n’ai pas compris, une partie de moi s’en est allée… Aujourd’hui, je m’accroche à ce qui reste. »

Roland Tschanz : « En 1971, j’ai été nommé conseiller de paroisse. Il y avait trois pasteurs à cette époque : Michel de Montmollin, qui habitait la cure, Auguste Lebet et Jean-Louis Jacot. Je me souviens de portraits exposés dans la salle du Conseil, c’était des portraits d’Indigènes de Madagascar, grandeur nature, photographiés par Fernand Perret, un célèbre photographe de la ville…                                                                                                                                 Au rez-de-chaussée, il y avait un petit appartement occupé par le concierge Charles Sandoz et sa dame. Ils ont entretenu la cure durant de longues années et leur engagement allait bien au-delà de leur contrat de concierge. »

Nicole Bertallo : «  Arrivée  en 1998 dans la paroisse du Grand-Temple,  je me souviens des assemblées de paroisse qui se déroulaient également dans cette salle et au cours desquelles Jean-Maurice Matthey, notre caissier bien-aimé nous présentait comptes et budgets avec son humour bien à lui, nous faisant passer un moment délicieux pendant lequel nous riions beaucoup alors que d’habitude,  les alignements de chiffres  m’ennuyaient puissamment.  C’était si bien amené que nous attendions ce moment avec impatience…, c’est  tout dire.

Timothée Habegger. : « J’ai habité la cure avec mes parents. Mon père a été pasteur, très apprécié d’ailleurs. Je me souviens des kermesses, une en particulier, où j’ai trouvé super de pouvoir descendre en rappel la tour du Grand-Temple. Je me rappelle aussi une vieille dame que je n’aimais pas trop. Elle n’était pas très propre, elle se mettait toujours devant au culte car elle était a moitié sourde. Lors d’un culte, j’ai dû porter du pain sur un support en bois et sans le faire exprès, je l’ai fait tomber et la vieille dame l’a reçu sur la tête, sans dommages heureusement mais a la fin du culte, mon père m’a obligé à m’excuser et à lui faire un bisou. »

Paul-André Leibundgut : « Je me suis occupé de la location des salles durant 6 ans, une tâche pas toujours facile mais nécessaire. Je me suis impliqué également dans la rénovation des locaux de 2008, avec Husni, Libanais, devenu depuis un cher ami. Nous avons choisi des couleurs vives afin de redonner vie à nos locaux. La reprise des locaux suite aux locations ne fut pas toujours de tout repos. Ce temps à la Cure fut aussi un temps de rencontre, de partages et l’assurance de nouvelles amitiés. La Cure était devenue pour moi une seconde maison. Je ne suis pas prêt d’oublier ce temps-là.»

Daphné Reymond : « Ah, si les murs pouvaient parler !  Qu’est-ce qu’ils en auraient à raconter, de nos multiples échanges avec un visiteur ou entre collègues, dans nos bureaux et dans la cuisine conviviale… Combien souvent des projets motivants sont nés autour d’une tasse de café, ou dans un coin de bureau, entre documents et téléphones…car la cure, notre cure, c’était un lieu de rencontre bien vivant, habité et chaleureux, un lieu qui suscitait la vie ! mais…, et c’est peut-être bien ainsi, si les murs ont des oreilles, ils savent aussi garder leurs secrets.

  1. Edouard Urech, Histoire de la Chaux-de-Fonds. Récits, documents et notes. Deuxième série, éd.G. Saint-Clair, La Chaux-de-Fonds, 1956, p.72.
  2. Photo de la cure, dessin de Léo Châtelain, propriété de M.P.-F. Jeanneret, vers 1860