Méditation 3 février 2021

La Semaine de l’Unité qui est proposée chaque année a été en quelque sorte « réduite » à son minimum, en raison de la pandémie. Et si nous en profitions pour nous interroger sur ce que signifie l’unité et la réconciliation déjà avec nous-mêmes…

Mais commençons déjà par unifier nos esprits par la prière et le chant :

Prière

Seigneur, envoie ton Esprit sur nous ; que ton Esprit nous enseigne, comme tu nous l’a promis et qu’il nous unifie, corps, âme et esprit. Souffle à notre esprit et à notre cœur les mots et les sens de ta Parole, pour que nous puissions l’accueillir, la comprendre, la vivre, l’incarner dans notre être tout entier et la mettre en pratique. Amen

Chant : Tu es source vive, feu et charité, viens Esprit Saint

 Jean 17, 20-21 : Soyez UN comme le Père et moi nous sommes un…

Méditation

 IL y a exactement trois ans, lors du culte méditatif du 4 février, je m’étais inspirée d’un article de Anselm Grün, paru dans la Revue Prier de janvier 2013 et qui s’intitulait : « Faire l’unité en soi pour la réaliser entre chrétiens » et qui se résumait dans cette phrase :

Toujours la division intérieure fait de nous des faiseurs de division pour ceux qui nous entourent.

Je me rappelle que cet article avait beaucoup marqué le groupe de préparation du culte méditatif ainsi que les paroissiens présents. Je n’ai pas retrouvé cet article, mais j’aimerais vous faire part de certaines réflexions concrètes qu’il avait suscité chez moi.

En tant qu’être humain nous sommes habités par des contraires : besoin de liberté /besoin de cadre  – besoin de solitude/besoin de communauté – besoin de mouvement/besoin de repos – besoin de silence /besoin d’animation…

La plupart du temps, nous vivons de manière automatique, sans prendre conscience de ces différents besoins contradictoires en nous. Et nous nous étonnons que nos vies sont pas toujours très équilibrées, et encore moins nos vies familiales et communautaires.

Un premier pas est de prendre conscience de ces contraires et les nourrir dans les différents moments de nos vies, surtout si nous refoulons certains besoins.

Par exemple, nous sommes souvent pris dans nos envies de faire, d’être dans l’action, de nous réaliser, en laissant de côté notre besoin de nous arrêter pour souffler, pour nous reconnecter avec nous-même, ressentir notre corps, nos émotions.

Parfois ce conflit intérieur se manifeste extérieurement sous forme de stress, d’agitation intérieure, d’agressivité.

Ce 3ème semi-confinement que nous vivons nous oblige à nouveau à nous arrêter, à diminuer notre besoin de nous activer pour prendre du temps pour l’examen de soi.

Quand je fais ce travail sur moi-même de réconcilier ces parties de moi qui s’entrechoquent ou que je renie, eh bien, je rends service à toute la communauté.

C’est ce qu’affirme Anselm Grün dans cette petite phrase :

Toujours la division intérieure fait de nous des faiseurs de division pour ceux qui nous entourent.

J’aimerais maintenant donner un autre exemple : quand nous sommes pris entre la peur et l’envie pour un projet, devons-nous choisir entre l’un ou l’autre ? Ou reconnaître qu’il y a à la fois de la peur et de l’envie…

Reconnaître qu’il y a les deux en nous, c’est une manière de se respecter, une manière aussi de ne pas créer la division en mettant d’un côté le camp de ceux qui ont peur et donc qui risquent de faire capoter le projet et de l’autre ceux qui ont envie et qui foncent en avant tête baissée.

On dit que la peur est mauvaise conseillère, or ce n’est pas vrai : être à l’écoute de ses peurs, c’est voir les signaux d’alarmes, les clignotants qui s’allument et qui nous indiquent qu’il  faut être attentif à tel ou tel aspect qui peut mettre en péril le projet ; la peur est utile car elle met le focus sur les nœuds à résoudre ou les risques de blocage.

Elle est mauvaise conseillère quand on la renie ou la refoule, car tôt ou tard elle envahit tout et nous paralyse jusqu’à inhiber toute envie de nous engager.

Être à l’écoute de ses désirs, de ses envies, c’est un moteur qui nous sort de notre routine et de notre bulle, qui nous projette dans l’avenir.  Vivre ce processus d’équilibre entre nos peurs et nos envies est déjà tout un apprentissage pour soi-même, mais c’est la condition même du vivre ensemble et de l’engagement.

Être à l’écoute de ses propres émotions et ceux des autres (que ce soit la tristesse, la peur, la joie ou la colère) c’est une manière de laisser l’énergie collective rejaillir pour dépasser justement les blocages, les non-dits, les conflits.

Soyez UN comme le Père et moi nous sommes un…

Peut-être que le chemin d’unité pour la paroisse aujourd’hui passe par un examen de conscience sur ses peurs, ses colères et ses envies pour la paroisse dans la situation actuelle. Car pour être UN, il faut d’abord faire l’unité et la paix en soi, pratiquer une écoute profonde de ses ressentis, de notre centre.

Je crois qu’aujourd’hui aussi que nous avons tous besoin d’une immense dose de chaleur, de tendresse, de bienveillance les uns envers les autres.

Voici la plus profonde prière que Jésus nous adresse : laisser la lumière qu’il nous a apportée pénétrer tous les recoins sombres de notre corps et de notre âme pour que, dans cette lumière de Dieu, nous devenons un avec nous-mêmes et entre nous. Anselm Grün

Chant : Jésus-le Christ, lumière intérieure

Prière d’intercession (écrite par le pape François en janvier 2018)

Seigneur, fais de nous des instruments de ta paix.
Fais-nous reconnaitre le mal qui s’insinue dans une communication qui ne crée pas la communion.
Rends-nous capables d’ôter le venin de nos jugements.
Aide-nous à parler des autres comme de frères et de sœurs.
Tu es fidèle et digne de confiance ;
Fais que nos paroles soient des semences de bien pour le monde.
Là où il y a de la rumeur, que nous pratiquions l’écoute ;
Là où il y a confusion, que nous inspirions l’harmonie ;
Là où il y a ambiguïté, que nous apportions la clarté ;
Là où il y a exclusion, que nous apportions le partage ;
Là où il y a du sensationnalisme, que nous usions de la sobriété ;
Là où il y a de la superficialité, que nous posions les vraies questions
Là où il y a des préjugés, que nous suscitions la confiance ;
Là où il y a agressivité, que nous apportions le respect ;
Là où il y a la fausseté, que nous apportions la vérité.
Là où il y a jugement, que nous apportions la bienveillance. Amen.

Chant : Dieu ne peut que donner son amour

Pour terminer, un geste pour embrasser nos contraires et nourrir la bienveillance

Une manière concrète de faire l’unité avec nous-mêmes, dit Anselm Grün, c’est la croix.

Le geste de Jésus sur la croix est un geste d’embrassement : il nous prend dans ses bras avec tous nos contraires.

ET nous pouvons concrètement inviter l’amour du Christ à reporter sur soi cet embrassement de Jésus par un geste : celui du signe de la Croix (une belle manière de s’approprier ce geste pour nous protestant).

Quand je fais le signe de la croix, j’invite l’amour du Christ à envahir et unir tous les contraires en moi : mental et émotionnel, vitalité et sexualité, féminin et masculin, individu et collectif, cœur et action, inconscient et conscient.

Je peux aussi faire un autre geste : celui de croiser les bras sur ma poitrine régulièrement dans la journée : parce que Jésus en croix me prend dans ses bras, j’embrasse en moi le fort et le fragile, le sain et le blessé, le beau et le laid, le fatigué et l’énergique, le figé et le souple, le sombre et le lumineux, etc.

Bénédiction 

Que le Seigneur vous bénisse,
Qu’il fasse pour vous rayonner son visage,
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde,
Qu’il vous prenne en grâce et vous apporte la paix.
Allez et demeurez dans son amour et dans sa paix. Amen.

En bonus (pour ceux qui comprennent l’allemand)
Rituel du matin : une bénédiction pour nos proches, ceux que nous allons rencontrer aujourd’hui

Karin Phildius, pasteure