Souvenir de la cure du Grand-Temple

La cure du Grand-Temple : un vrai lieu de vie.

Construite en 1832 (1) pour y loger les pasteurs au premier étage et accueillir les activités paroissiales, la cure, sise au n° 9 de la rue de la Cure, a connu une histoire riche, intimement liée à la vie de la paroisse du Grand-temple et des habitants du quartier.                                                                                                                                                                     Aujourd’hui, si vous vous rendez sur place, vous y apprendrez que celle-ci a fermé sa porte. La paroisse réformée La Chaux-de-fonds a remis les locaux à l’EREN, propriétaire du bâtiment.

Par le biais du Porte-Parole, le Conseil paroissial veut rendre hommage aux nombreux paroissiens qui, durant 184 années, ont fait de ce lieu un endroit chaleureux et vivant. Certains d’entre eux ont accepté de partager leurs souvenirs, pour dire merci et aurevoir à un lieu qui était un peu leur deuxième maison.

Monique Linder : « J’ai grandi dans le quartier, j’y ai tellement de souvenirs : par exemple, le catéchisme avec le pasteur Ariel Cochand, nous étions 90 gamins…Aussi, j’ai été incapable d’aller aider au déménagement, je n’ai pas compris, une partie de moi s’en est allée… Aujourd’hui, je m’accroche à ce qui reste. »

Roland Tschanz : « En 1971, j’ai été nommé conseiller de paroisse. Il y avait trois pasteurs à cette époque : Michel de Montmollin, qui habitait la cure, Auguste Lebet et Jean-Louis Jacot. Je me souviens de portraits exposés dans la salle du Conseil, c’était des portraits d’Indigènes de Madagascar, grandeur nature, photographiés par Fernand Perret, un célèbre photographe de la ville…                                                                                                                                 Au rez-de-chaussée, il y avait un petit appartement occupé par le concierge Charles Sandoz et sa dame. Ils ont entretenu la cure durant de longues années et leur engagement allait bien au-delà de leur contrat de concierge. »

Nicole Bertallo : «  Arrivée  en 1998 dans la paroisse du Grand-Temple,  je me souviens des assemblées de paroisse qui se déroulaient également dans cette salle et au cours desquelles Jean-Maurice Matthey, notre caissier bien-aimé nous présentait comptes et budgets avec son humour bien à lui, nous faisant passer un moment délicieux pendant lequel nous riions beaucoup alors que d’habitude,  les alignements de chiffres  m’ennuyaient puissamment.  C’était si bien amené que nous attendions ce moment avec impatience…, c’est  tout dire.

Timothée Habegger. : « J’ai habité la cure avec mes parents. Mon père a été pasteur, très apprécié d’ailleurs. Je me souviens des kermesses, une en particulier, où j’ai trouvé super de pouvoir descendre en rappel la tour du Grand-Temple. Je me rappelle aussi une vieille dame que je n’aimais pas trop. Elle n’était pas très propre, elle se mettait toujours devant au culte car elle était a moitié sourde. Lors d’un culte, j’ai dû porter du pain sur un support en bois et sans le faire exprès, je l’ai fait tomber et la vieille dame l’a reçu sur la tête, sans dommages heureusement mais a la fin du culte, mon père m’a obligé à m’excuser et à lui faire un bisou. »

Paul-André Leibundgut : « Je me suis occupé de la location des salles durant 6 ans, une tâche pas toujours facile mais nécessaire. Je me suis impliqué également dans la rénovation des locaux de 2008, avec Husni, Libanais, devenu depuis un cher ami. Nous avons choisi des couleurs vives afin de redonner vie à nos locaux. La reprise des locaux suite aux locations ne fut pas toujours de tout repos. Ce temps à la Cure fut aussi un temps de rencontre, de partages et l’assurance de nouvelles amitiés. La Cure était devenue pour moi une seconde maison. Je ne suis pas prêt d’oublier ce temps-là.»

Daphné Reymond : « Ah, si les murs pouvaient parler !  Qu’est-ce qu’ils en auraient à raconter, de nos multiples échanges avec un visiteur ou entre collègues, dans nos bureaux et dans la cuisine conviviale… Combien souvent des projets motivants sont nés autour d’une tasse de café, ou dans un coin de bureau, entre documents et téléphones…car la cure, notre cure, c’était un lieu de rencontre bien vivant, habité et chaleureux, un lieu qui suscitait la vie ! mais…, et c’est peut-être bien ainsi, si les murs ont des oreilles, ils savent aussi garder leurs secrets.

  1. Edouard Urech, Histoire de la Chaux-de-Fonds. Récits, documents et notes. Deuxième série, éd.G. Saint-Clair, La Chaux-de-Fonds, 1956, p.72.
  2. Photo de la cure, dessin de Léo Châtelain, propriété de M.P.-F. Jeanneret, vers 1860